Association littéraire à Saint Amand les Eaux organisant des cafés littéraires, thématiques
Par hucbald
Insurrection Poétique
Le samedi 14 mars à 15h
Au Café des Sports rue d’Orchies à Saint Amand
Rencontre poétique :
« Augusta et Maurice à peine une frontière »
Présentation de la maison d’Edition du Douayeul par Denise Jardy-Ledoux. Lecture du recueil de textes inédits de Maurice Carême, On reconnait qu’on est en France, et Augusta de Muriel Verstichel.
Réservation au 0327481263
Préface de Colette Nys-Mazure
Muriel Verstichel, Augusta ou La chambre des pluies
La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles
Est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour.
En dressant le tombeau d’Augusta, sa grand-mère, morte à quarante ans à Lille, au Quartier des Bois Blancs, en ourdissant sa légende dorée, Muriel Verstichel ressuscite dans nos mémoires ces vers de Sagesse, écrits par Paul Verlaine dans sa prison de Mons.
Avec le recul du temps, la petite-fille mesure l’ampleur de cette vie modeste Entre l’eau sombre et les bois blancs, ainsi qu’elle intitule la première partie de son ensemble de poèmes en prose. Par un jeu subtil de pronoms personnels, elle glisse de l’adresse au Tu à l’engagement du Je pour leur permettre de dialoguer et de former ce Nous riche de tendresse discrète et chaleureuse.
D’une écriture sensorielle et très soutenue en phrases qui se déroulent sans hâte, la poète crée une atmosphère humide de quartier délabré L’odeur mouillée lentement de la terre se faufile entre les maisons rouges, pénètre plus avant la moisissure des baraquements. Aucun misérabilisme. C’est pour mieux décliner en litanie les titres de la femme aimée Alerte Augusta !(…) A comme Appel entre canal et ciel (…) A.u.g.u.s.t.a. » ! », à qui elle pose des questions essentielles : Où puises-tu ta joie ? Ou encore Ecris-tu ?
L’eau est partout, celles de la naissance, des larmes, de la pluie surtout, opiniâtre, justifiant le titre de la seconde partie La chambre des pluies, à l’écoute de cette plainte qui monte de la chambre du pauvre. Surgit un Il, un poète nomade qui dit Verlaine d’ardoise et de pluie, qu’Augusta écoute les yeux fermés.
Augusta et Muriel ont en commun le sens mystique Tu pries dans les espaces libre de la page, au moindre alinéa, en marge des lignes, au quotidien (…). Au terme de l’hommage et de l’éloge surgit la reconnaissance Dors, /j’ai retrouvé l’enfant !
Muriel Verstichel a derrière elle de nombreux livres, mais elle nous révèle ici qu’elle est bien l’héritière d’Augusta, de cette femme altière, pétrie d’amour. Sur la nappe à carreaux rouges tu manges les fruits de l’Angélus, tu me partages une image pieuse pour que je te retrouve et que je t’aime.
Colette Nys-Mazure,
20 décembre 2014
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog